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Alimentation au Maroc: beauté et dégradation

14 juin 2026 par
Alimentation au Maroc: beauté et dégradation
Margot Schlosser
Le Maroc possède, depuis toujours, l’une des traditions culinaires les plus riches et les plus
saines du monde. Il suffit de traverser une médina pour en voir encore toute la splendeur.
Oranges et citrons empilés en montagnes, menthe, coriandre et herbes fraîches en abondance,
olives dans toutes leurs couleurs, légumes coupés le matin même, dattes sucrées comme du
miel, pain chaud sorti des petits fours de quartier, poissons arrivés tout droit de l’Atlantique,
amandes, noix, huile d’argan, huile d’olive, épices, graines…

Un paysage vivant qui se déploie sous vos yeux. L’ancien Maroc existe encore. Visible, pur, authentique. Mais en voyageant dans le pays, une autre réalité apparaît.

Une réalité qui n’est pas spécifiquement marocaine, mais mondiale — et qui, justement pour
cette raison, se remarque ici avec plus d’acuité. La montée du “rapide et facile”
Dans les grandes villes, et de plus en plus dans les petites localités, les supermarchés, mini-
marchés et chaînes de restauration rapide prennent leur place. 
Les nombreuses épiceries du pays tirent aujourd’hui leurs revenus principalement de produits comme :
petits paquets de chips
friandises
boissons sucrées
boissons énergétiques
pain blanc industriel
biscuits emballés
nouilles instantanées
snacks prêts à consommer
calories bon marché mais pauvres en nutriments
Partout surgissent les symboles de la mondialisation :
KFC, Pizza Hut, McDonald’s, Burger King, et leurs équivalents locaux.

Ce qui a été évident pendant des siècles — qualité, fraîcheur, simplicité, diversité — glisse
progressivement vers un modèle plus rapide, plus sucré, plus salé, plus industriel.
Non parce que les gens le souhaitent, mais parce que le marketing est puissant,
parce que le quotidien est souvent lourd, parce que des calories faciles et bon marché remplissent l’estomac même si elles ne nourrissent pas le corps, et parce que les multinationales disposent de moyens que n’a aucune famille. Ce n’est pas une évolution marocaine. C’est une évolution mondiale. Mais au Maroc, le contraste est frappant, car la richesse originelle est si présente, si proche, si visible.

Deux Maroc qui coexistent:
Le Maroc d’hier, celui des marchés, de la terre, des saisons, des tajines, du pain pétri à la main, des poissons du matin, des légumes cueillis par les familles, de la cuisine lente et nourrissante.
Et le Maroc d’aujourd’hui, celui du plastique, du sucre, des snacks, des boissons énergétiques, des publicités agressives et de la restauration rapide omniprésente.
Les deux réalités existent côte à côte. Aucune n’est totale.
Mais le glissement est clair — parfois douloureusement clair. La richesse alimentaire qui a porté la culture amazighe pendant des siècles est sous pression. Non pas par manque de respect,
mais sous l’effet des mêmes forces qui ont transformé Amsterdam, Paris, Le Caire ou Mumbai. 

Morocco Home ne romantise pas — nous regardons avec lucidité Nous voulons montrer la beauté du Maroc, mais pas comme si le pays était un musée, et pas comme si tout y était encore naturellement pur. 
Nous savons que :
les médinas sont les derniers miroirs d’une ancienne culture culinaire
la mondialisation modifie les goûts
l’industrie et le marketing sont plus forts que la tradition
les familles doivent faire des efforts pour manger sainement
les aliments bon marché remplissent l’estomac sans nourrir l’être
il devient difficile de préserver la qualité de manière naturelle

Et pourtant :
la richesse existe toujours.
La simplicité existe toujours.
Le pain chaud, les légumes du jour, les herbes des collines, l’argan travaillé par les femmes,
les poissons du matin — cela existe encore, et mérite d’être vu. Pas comme un souvenir. Comme une réalité vivante. Ce que Morocco Home souhaite soutenir Morocco Home n’est pas un projet alimentaire — mais c’est un projet de conscience. 

Nous voulons :
montrer ce qui existe encore
garder visible ce qui porte de la valeur
mettre en lumière la beauté et la dignité du travail de la terre
soutenir les familles qui maintiennent leurs traditions
rappeler que la qualité, la simplicité et l’authenticité sont encore possibles
et surtout : ne pas raconter d’histoire embellie
Le Maroc est un pays à deux courants :
l’ancien qui vit, le nouveau qui s’impose.
Nous voulons rendre l’ancien visible, non en rejetant le moderne, mais en protégeant ce qui,
dans ce pays, appartient encore à la terre et à la vie.

Conclusion:
Le Maroc possède encore une beauté alimentaire immense — mais elle demande présence et
attention.
Les médinas montrent chaque jour ce que signifie manger vrai, sain et humain.
Mais le monde moderne pousse de plus en plus vers le rapide, le sucré, le facile.
Morocco Home veut en parler clairement et honnêtement.
Non par opposition, mais par respect pour ce que ce pays porte en profondeur.
La beauté est toujours là. Le choix aussi. 
Et nous voulons aider à maintenir ce choix vivant et visible.
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